Le Laos… – Partie 2

Le Laos… – Partie 2

Nous devons nous adapter à un nouveau rythme de vie en arrivant au Laos. Je l’ai dit précédemment, tout redevient très calme et, au début, nous en sommes un peu déstabilisés. Puis au fil des jours qui passent, nous modifions notre façon d’observer. Ce qui nous paraissait trop calme au départ, nous apparait maintenant simplement vivant. Un mode de vie simple, d’un autre temps à nos yeux…

Les premiers jours, nos premières impressions nous laissent à vrai dire assez perplexes… Dans certains villages, nous sommes accueillis par les cris de joie des enfants. Ils nous saluent dans leur langue : « Sabaidee » ! Certains nous courrent après ou s’alignent en file indienne, la main tendue, pour qu’on leur tape dedans. Chacun de ces moments nous redonne de l’énergie. On ne s’en lasse pas. Mais dans d’autres villages, nous sommes dévisagés et regardés d’un oeil qui nous semble parfois un peu « hostile »… Ces regards nous mettent au début mal à l’aise et nous font même nous sentir insécures, jusqu’à ce qu’on réalise que c’est aussi nous qui choisissons d’interpréter ces regards de cette manière. C’est un peu comme si on se pensait tellement super cool, nous, voyageurs à vélo, qu’on en oubliait la réalité des habitants d’ici. Je crois qu’il y a eu un peu de ça… oups ! Après tout, c’est vrai que ça peut tout simplement leur paraître curieux de voir passer deux hurluberlus (dont un méga barbu en plus), passer dans ces petits villages reculés. Eux, ont une autre vie…

Et cette première prise de conscience nous rapproche déjà un peu plus de ces villageois.

Beaucoup travaillent dans les champs, ratiboisant des pans de montagnes, probablement pour utiliser le bois (mais on n’en sait pas plus). On peut voir des hommes et des femmes de tous âges, des enfants parfois, le long des routes, partant travailler à pied avec, sur leur dos, un gros panier en bois. Vide le matin, plein le soir. Il n’est pas rare de voir des personnes âgées marcher complètement pliées en deux… Je repense à ces études qui démontrent que le fait d’écrire des textos ou d’être pendu sur Facebook nuit à notre posture. On relativise ensuite, n’est-ce-pas ?

Comme je l’ai dit plus haut, nous croisons des enfants sur la route, qui semblent aller ou rentrer du travail. Ceux-là n’ont probablement pas la chance d’aller à l’école, malgré le fait qu’elle soit obligatoire et ce, jusqu’à la fin du primaire (depuis 1996 seulement). Un pourcentage encore élevé de Laotiens vit sous le seuil de pauvreté. Toute la famille doit alors travailler pour aider à subvenir aux besoins de chacun. Lors de notre visite d’une école, il nous a semblé que les garçons étaient bien plus nombreux assis sur les bancs que les fillettes…

Les femmes et les filles portent une jupe traditionnelle. Une jupe droite, longue et large, repliée à la taille. Cette jupe sert à tout pour une femme : tenue de travail ou d’école la journée, elle devient vêtement de douche le soir venu. Comment savons-nous ça ? Nous avons traversé de nombreux villages où la douche se prenait à un robinet municipal, à l’aide d’un seau et du nécessaire de toilette.

Ce sont des scènes de vie que nous avons appris à prendre le temps de voir, sur notre chemin. D’autres, lors de nos arrêts, nous ont encore plus transporté à une autre époque. Je crois que nos grands-parents pourraient y retrouver des souvenirs d’enfance. En tout cas, selon ce que que je m’imagine de leur temps. Des scènes de vie simples et touchantes, un peu plus naïve que celles de notre réalité.

– Je revois ces adolescents : les filles d’un côté, se cachant dans des fourrés et pouffant de rire dès que les garçons leur adressaient un signe, les garçons de l’autre, semblant apprecier de faire cet effet.

– Le village est en fête car il y a un spectacle de musique et de danse le soir. Comme une effervescence, un jour pas comme les autres. On voit les villageois défiler à la douche commune, repartir vêtu de leur plus beau costume ou de leur plus belle robe. Le lendemain matin, le train train quotidien aura repris.

– La grande soeur qui s’occupe de son petit frère. On soupçonne d’ailleurs que l’aîné(e) de la famille soit celui ou celle qui s’occupe de l’éducation des plus jeunes. C’est souvent lui ou elle qui rappelle à l’ordre, plus que les parents.

Pour ne citer qu’eux…

 

Enfin, une autre réalité pour les Laotiens est celle des traces encore présentes d’une guerre qui a duré 9 ans (1964-1973). 9 ans de bombardements de masse (plus de 2 millions de tonnes). Des bombes qui, n’ayant pas toutes explosées pendant la guerre, continuent encore aujourd’hui de tuer, faisant croître le nombre de victimes de la guerre du Viêtnam. Des victimes par milliers : hommes, animaux, nature. Et c’est sans parler des terrains encore aujourd’hui inexploitables pour la culture, synonyme de perte de sources de revenus…  Une histoire qui, je crois, on ne connait pas assez.

Nous en avons appris plus à ce sujet en visitant les caves de Viengxay, où les grandes têtes du gouvernement laotien de l’époque se sont cachées pendant ces 9 ans. Ou bien la Plaine des jarres et le musée du MAG à Phônsavan, abattant encore aujourd’hui un travail de titan pour déminer le pays. Le film « Bomb harvest » en est un beau temoignage. J’en ai eu les larmes aux yeux…

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